Changer d'assureur complémentaire : l'acceptation passe avant le prix
En assurance de base, la caisse doit accepter toute personne. En complémentaire LCA, rien de tel : Moneyland rappelle qu'il n'existe aucun droit légal à une assurance facultative. L'assureur examine l'âge, l'état de santé, les antécédents familiaux (cancer, maladies héréditaires), le domicile en Suisse et la solvabilité. Avec de graves problèmes de santé ou un âge avancé, estimé à partir de 40 à 60 ans selon l'assureur, l'acceptation devient très peu probable.
Atupri observe que beaucoup d'assureurs admettent jusqu'à 60 ans et certains jusqu'à 70 ans. La Fondation pour la protection des consommateurs (SKS) précise de son côté que les assurances refusent souvent les personnes de plus de 50 ans ou ayant connu certaines maladies. Quand le dossier est fragile, le plus simple peut être de conserver le contrat existant, avertit Moneyland.
Avant de changer d'assureur complémentaire, il faut donc se demander si l'acceptation est vraisemblable, et pas seulement si la prime est plus basse. Un refus laisse l'assuré avec son ancien contrat, à condition de ne pas l'avoir résilié ; un refus après résiliation laisse sans aucune couverture complémentaire.
Changer de complémentaire santé : la séquence à respecter
Atupri décrit six étapes : vérifier le délai de résiliation de l'ancienne police, comparer prestations et primes, déposer une demande d'admission, remplir le questionnaire de santé, attendre la confirmation écrite, puis seulement résilier. ÖKK pose la même règle et exige un accord sans réserve dans la complémentaire souhaitée avant de toucher à l'ancien contrat.
Moneyland ajoute un détail de calendrier : indiquer comme début de la nouvelle assurance la date de fin de l'ancienne, pour éviter une double couverture. Pour changer de complémentaire santé sans interruption, les deux dates doivent donc se suivre à la journée près. Un changement d'assureur complémentaire réussi se mesure à cette continuité : aucun jour sans contrat entre l'ancien assureur et le nouvel assureur complémentaire.
Mettre l'ancienne police et la nouvelle offre côte à côte
Une prime inférieure peut cacher des plafonds plus bas. Moneyland invite à contrôler les limites par prestation : les examens préventifs, par exemple, sont fréquemment plafonnés à 500 francs par an, d'après ses fiches de comparaison. Regardez aussi la franchise et la quote-part de la complémentaire, les services (agences, correspondance électronique, modes de paiement) et les programmes de bonus.
Moneyland rappelle également que les primes progressent avec l'âge, généralement par paliers de cinq ans : comparer uniquement la première année donne une image incomplète. Ne changez que si la nouvelle offre est plus avantageuse ou mieux adaptée, conclut-il.
Définissez d'abord vos besoins réels : accidents (une exclusion est envisageable si l'assurance accidents de l'employeur les couvre déjà), chambre à l'hôpital, soins dentaires, médicaments, lunettes, médecine alternative, vaccinations, psychothérapie ou fitness. Plus l'offre est complète, plus la prime s'élève, rappelle Moneyland.
Réserves, exclusions et délais de carence du nouveau contrat
Le point le plus sensible lors d'un passage chez un nouvel assureur complémentaire est la maladie déjà présente. D'après les conditions générales de Sympany (édition 2022), l'assureur peut émettre une réserve pour les maladies existantes à la conclusion ; elle est notifiée par pli recommandé avec mention de la maladie visée, peut être limitée ou illimitée dans le temps, et l'assuré peut démontrer à ses frais qu'elle n'est plus justifiée. Elle peut aussi viser des troubles antérieurs sujets à rechutes.
Les délais de carence jouent aussi : Visana indique, dans sa proposition d'assurance de soins dentaires, un droit aux prestations qui commence au terme d'un délai de carence d'au moins six mois. Chez l'ancien assureur, vous aviez peut-être dépassé ce stade ; chez le nouveau, il recommence. Demandez par écrit les réserves et les carences avant de signer.
ÖKK précise qu'une déclaration de santé accompagne chaque demande de complémentaire : l'assureur évalue le risque à partir de ce questionnaire, peut refuser l'admission ou émettre une réserve pour une maladie existante, et n'établit la police qu'après sa décision d'admission. Le nouvel assureur complémentaire décide seul, sur ses critères internes.
Passer chez un autre assureur complémentaire : calendrier et préavis
Selon l'article 35a LCA, la résiliation ordinaire vise la fin de la troisième année ou de chaque année suivante, avec trois mois de préavis, et les parties peuvent convenir d'une sortie plus précoce. Pour une fin au 31 décembre, Atupri et ÖKK situent la limite au dernier jour ouvrable de septembre ; seule la réception chez l'assureur compte, pas le cachet postal.
Or, dans tout changement d'assureur complémentaire, l'examen de santé prend du temps : de un jour à trois semaines selon Atupri. Quiconque veut changer d'assureur complémentaire pour le 1er janvier dépose donc la demande en été, de façon à connaître la décision avant la fin septembre et à garder une marge pour l'envoi recommandé de la résiliation.
Dissocier assurance de base et complémentaire lors du changement
Changer d'assureur complémentaire n'oblige pas à déplacer l'assurance de base, et rien n'impose de garder le même assureur pour les deux. Atupri précise que l'assurance de base se change indépendamment et que les complémentaires continuent si l'on résilie uniquement la base. La SKS note qu'un assureur différent pour chaque contrat peut être avantageux financièrement mais exige plus de démarches, certains assureurs accordant des rabais quand les deux contrats sont chez eux.
Avant de quitter un assureur pour sa seule assurance de base, vérifiez donc dans la police complémentaire si un rabais ou un lien contractuel existe. Un changement d'assurance de base n'entraîne pas de lui-même la fin des complémentaires, mais les conditions de chaque assureur restent déterminantes.
Rester chez son assureur : un modèle moins cher sans examen de santé
Parfois, la bonne décision est de ne pas partir. Atupri souligne qu'un passage à un modèle moins cher chez le même assureur peut s'effectuer sans examen de santé et réduire la prime sans renoncer à la couverture. L'offre dépend du produit : renseignez-vous auprès de votre assureur sur les modèles disponibles et sur leurs plafonds.
Passer chez un autre assureur complémentaire expose à un refus ou à une réserve ; cette piste évite ce risque, au prix d'un choix moins large qu'avec le marché entier. Elle vaut surtout quand l'âge ou des antécédents rendent l'admission ailleurs incertaine.
Solder l'ancien contrat : primes en suspens et délai de réflexion
Atupri précise que les primes et factures en suspens doivent être payées avant toute résiliation, faute de quoi, après une mise en demeure de quatorze jours, la couverture est suspendue et le contrat peut être résilié. Pour changer d'assureur complémentaire, il faut donc aussi mettre la comptabilité en ordre : un solde ouvert complique la sortie.
Pour changer d'assureur complémentaire en confiance, notez aussi que la SKS mentionne un délai de réflexion généralement de quatorze jours après la signature du nouveau contrat. Une fois la police reçue et la résiliation partie, conservez les preuves d'envoi et demandez une confirmation écrite de la date de fin de l'ancienne assurance, comme le recommande Moneyland. Le premier décompte du nouvel assureur permet ensuite de vérifier que les garanties promises sont bien appliquées.
