Assurance complémentaire seniors : de quoi parle-t-on exactement
Pour un senior, l'assurance obligatoire des soins reste la même qu'à n'importe quel âge : elle couvre les prestations prévues par la loi. L'assurance complémentaire seniors désigne les contrats facultatifs, régis par la loi sur le contrat d'assurance, qui s'y ajoutent, par exemple la chambre à un ou deux lits à l'hôpital, les soins dentaires, les lunettes, les aides à domicile ou les cures. Toute assurance complémentaire seniors s'apprécie donc par rapport à ce socle légal, jamais en l'isolant.
Selon Priminfo, chaque caisse-maladie décide elle-même des prestations de ses assurances complémentaires. Il n'existe donc pas de contenu type : ce qui est remboursé, jusqu'à quel montant et sous quelles conditions se lit dans les conditions générales et particulières du contrat de chaque assureur.
Admission après 55 ou 60 ans : l'âge et la santé comptent
Pro Senectute rappelle que les assureurs ne sont pas tenus d'accepter toutes les demandes d'affiliation et qu'ils peuvent refuser une personne en raison de son âge ou de sa santé. L'organisation précise aussi que les primes augmentent avec l'âge et que beaucoup d'assureurs ne proposent plus de nouveau contrat complémentaire après 60 ans.
Priminfo formule la même mise en garde sous un autre angle : un contrat résilié se reconclut difficilement, en particulier à partir de 55 ans ou en cas de mauvaise santé. Pour une complémentaire santé après 60 ans, la question n'est donc pas seulement « quel produit choisir », mais « quel produit pourrai-je encore obtenir ». Le même constat vaut pour une assurance complémentaire pour retraités déjà en cours : mieux vaut la garder que la remplacer sans filet.
Résilier un contrat ancien : la règle d'or des retraités
Un contrat conclu il y a vingt ans peut contenir des garanties qu'aucun assureur n'accepterait aujourd'hui de souscrire au même prix. Pour une assurance complémentaire pour retraités, résilier sans réfléchir est la plus coûteuse des erreurs possibles. Pro Senectute recommande de passer en revue les contrats existants avant toute modification et de ne résilier l'ancien qu'après avoir signé et reçu le nouveau.
L'organisation relève aussi que l'assurance de base et l'assurance complémentaire peuvent être conclues auprès d'assureurs différents. Changer de caisse pour l'assurance de base ne force donc pas à toucher à la complémentaire. Chaque modification se prépare par écrit, avec une offre qui précise les conditions applicables à votre âge et à votre état de santé.
- Demander une offre écrite avant toute décision.
- Comparer les conditions générales et les conditions particulières.
- Ne résilier l'ancien contrat qu'une fois le nouveau accepté par écrit.
- Vérifier si l'assurance de base et la complémentaire peuvent rester chez deux assureurs.
Hospitalisation pour seniors : l'exemple de l'Hôpital senior
Certains assureurs ont conçu des produits pour cette tranche d'âge. Groupe Mutuel présente son assurance Hôpital senior comme destinée aux personnes de plus de 55 ans, tout en indiquant qu'elle peut être souscrite à tout âge, sans limite d'âge d'admission. Elle couvre l'hospitalisation en cas de maladie ou d'accident, selon quatre niveaux.
Les niveaux 1 et 2 correspondent à la division commune, avec des établissements figurant sur la liste de l'assureur. Les niveaux 3 et 4 donnent accès aux divisions mi-privée et privée, avec libre choix du médecin et des hôpitaux de la liste des établissements reconnus. La prise en charge à l'étranger est plafonnée par jour : 500, 1000 ou 1500 francs selon le niveau. Des réductions de prime de 10 % et de 25 % sont prévues aux niveaux 3 et 4 pour des franchises de 2000 et de 5000 francs.
Ce descriptif illustre simplement la logique d'une hospitalisation pour seniors : un niveau de confort, une liste d'hôpitaux, un plafond à l'étranger, et une franchise à moduler. D'autres assureurs proposent d'autres formules ; seul le contrat fait foi.
Franchise et quote-part : ce qui reste à charge à la retraite
Dans l'assurance de base, la franchise ordinaire d'un adulte est de 300 francs par année civile, avec des franchises facultatives de 500, 1000, 1500, 2000 ou 2500 francs, selon l'OFSP. Au-delà, l'assuré paie 10 % des coûts, jusqu'à 700 francs par an, et 15 francs par jour d'hospitalisation. Une franchise plus élevée fait baisser la prime de base, mais augmente la part à payer en cas de soins importants.
Pour un senior qui consulte régulièrement, la franchise facultative haute n'est pas toujours adaptée. Quant à l'assurance complémentaire seniors, elle ne remplace pas ces montants : certaines formules prévoient une participation à ces frais, d'autres non. Seul le contrat le dit.
Prestations complémentaires AVS : un droit à vérifier d'abord
Les prestations complémentaires AVS ne sont pas une assurance privée, mais un droit versé par les cantons lorsque les rentes et les autres revenus ne couvrent pas les besoins vitaux. D'après Pro Senectute, elles supposent notamment une fortune nette inférieure à 100 000 francs pour une personne seule et à 200 000 francs pour un couple.
Elles comprennent aussi le remboursement de certains frais de maladie : quote-part, franchise, frais dentaires et moyens auxiliaires, dans la limite d'un plafond annuel fixé par chaque canton, justificatifs à l'appui. Pour un traitement dentaire, il faut présenter un devis établi au tarif de l'assurance sociale avant les soins. La demande s'adresse à l'organe cantonal compétent, en général la caisse cantonale de compensation, et le droit prend effet à la date de la demande : mieux vaut donc la déposer tôt.
Moyens auxiliaires de l'AVS : lunettes-loupes, appareils auditifs, fauteuils
Les rentiers AVS domiciliés en Suisse peuvent avoir droit à des contributions pour des moyens auxiliaires comme les appareils auditifs, les lunettes-loupes, les prothèses ou les fauteuils roulants. Selon le portail des assurances sociales AVS/AI, les caisses de compensation et Pro Senectute interviennent dans la remise ou le remboursement.
Ces droits précèdent la complémentaire privée dans l'ordre des vérifications. Avant de souscrire une garantie optique ou auditive, il est utile de savoir ce que l'AVS prévoit déjà, afin de ne pas payer pour un poste déjà couvert.
Les questions à poser avant de modifier sa complémentaire
Quelques questions simples évitent les mauvaises surprises. Le nouvel assureur m'acceptera-t-il sans réserve ? Quelles prestations sont plafonnées par année ? Quelle franchise s'applique ? Que se passe-t-il si mon état de santé change ? Les réponses figurent dans l'offre écrite, jamais dans une conversation téléphonique seule. Pour une complémentaire santé après 60 ans, demandez en outre si l'assureur peut modifier les primes ou les conditions du contrat.
Pro Senectute propose des conseils gratuits dans ses centres de consultation. Cette aide extérieure est précieuse quand l'enjeu dépasse une simple comparaison de primes. L'assurance complémentaire seniors reste un choix personnel, qui se confirme auprès de l'assureur. Une assurance complémentaire seniors bien choisie se juge sur la durée, pas sur la première prime.
